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PostHeaderIcon Un peu d'histoire

 

Le livre retraçant l'histoire d'Éveux et de son patrimoine est disponible
à la médiathèque d'Éveux et à l'Office du Tourisme de L'Abresle

au prix de 15 €

 

 


 

"Vous me parleriez de toute l'Europe, moi je vous parlerais de mon village [...] " Montesquieu

 

 

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Origine du nom

Le village possède de nombreuses sources, précieuses à une époque où il n’y avait pas l’eau courante ; les habitants pouvaient ainsi creuser un puits dans leur ferme. Eveux a certainement son nom issu du mot latin « aqua » qui, par relâchement de l’articulation, est devenu « ewe » en langue romane (aqua->agwa->egwa->êwa->êwe->eaue->eau) ; et a donné l’ancien adjectif « éveux » qui signifiait « humide » pour un terrain (comme est issu du vieux français, Evian, nom d’une ville célèbre pour son eau).

 

A la révolution

Ce nom d’Éveux a été officialisé lors de la Révolution pour désigner le territoire de la commune, désormais séparée de celle de Fleurieux.

En 1788, lors d’un recensement sur l’état des paroisses, on dénombre 205 personnes et 36 feux (foyers). Les réponses au questionnaire de l’époque nous indiquent que « la paroisse se trouve éloignée de la grande route de Lyon à Paris par le Bourbonnais de douze cents pas. On y arrive par un beau chemin entretenu par la dite paroisse. ». Principale route du royaume de France, elle est très fréquentée (le Bourbonnais étant une ancienne province du centre de la France). Au début du XVIe siècle elle connaît les escadrons de l’armée royale en partance pour l’Italie, les marchands du Nord et de Paris venant aux foires de Lyon, les cortèges royaux (Henri IV, Louis XIII…) mais aussi les convois de bagnards et…évidemment, Napoléon-Bonaparte.

La commune est pauvre : « Les fonds (prés, vignes et bois) sont d’une très mauvaise qualité pour la plus grande partie, attendu que la paroisse est située sur un côté pierreux, graveleux et une partie de rochers » et « Il n’y a pas même de pâturage […] L’on n’y peut faire aucun élevage de bestiaux du peu de fourrage que l’on y cueillit ».

On lit aussi que « la dîme est ecclésiastique ». En effet Éveux dépend alors de l’abbaye de l’Isle-Barbe à Lyon.

Quant aux « privilégiés », il n’y en a qu’un : M. Le président de Fleurieu, seigneur de la paroisse, qui possède des terres et une rente de noble.

 

propriétaires du château

  • 1576, la maison forte appartient à Messire Alexandre, seigneur de la Tourette
  • 1652, Jean Michon, bourgeois de Lyon
  • 1681, Blaise et Jean Claret négociants à Lyon, achètent à Jean Michon, leur beau-frère.
  • 1688, Jean Claret reste seul propriétaire ; accède à la noblesse de robe.
  • son fils Jacques-Claude Claret (1656-1746) dit « Le seigneur de la Tourette »,
  • puis Jacques-Annibal dit «  le Président de Fleurieu » (1692-1776). Il fut le premier « de Fleurieu », parce que cette famille possédait aussi le château de Bélair à Fleurieux.
  • Viennent ensuite les fils Gaspard-Claude (1731-1785), gouverneur de L’Arbresle et prêtre du diocèse, et Camille-Jacques Annibal, l’aîné (1727-1796),
  • et enfin le fils de Camille-Jacques, Jean-Jacques Claret de Fleurieu, qui vend la Tourette en 1801.

La famille Claret de Fleurieu qui reste propriétaire de la Tourette pendant 120 ans, est surtout connue aujourd’hui par deux des quatre fils de Jacques Annibal :
Marc Louis Antoine
, dit « le botaniste » de la Tourette (1729-1793).
Charles Pierre
dit « le marin », Chevalier de Fleurieu (1738-1810),

  • 1801, Louis Bellet de Saint-Trivier de Tavernost, maire d'Éveux en 1815
  • Son fils, Antoine-Hippolyte Bellet (1798-1867), maire d’Éveux de 1846 à1867
  • Louis-Antoine Camille Bellet (1825-1897)
  • 1873, Jean Marie Victor de Gerphanion, sans héritier
  • 1878, Jean-François Marie Duplay, époux Guérin (banque et soierie de Lyon)
  • 1883, comte Murard de Saint-Romain pour sa fille Gabrielle, mariée à Henri Paul Marie de Chabannes de Vergers, maire d’Éveux de 1897 à 1930
  • Joseph Marie Pierre dit « Pierre de Chabannes » (1887-1937)
  • 1943, La comtesse de Villiers, fille du comte de Chabannes, vend à la Société Immobilière de la Tourette (Ordre de Saint-Dominique).
  • 1956-1960 : Les Dominicains font construire le couvent Sainte-Marie de la Tourette, par Charles Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier.
  • 2009, Habitat Foncier. La restauration du Château conduit à la création d’une petite copropriété de 15 appartements dans un parc de 7000 m².

 

les Guerres à éveux

Au Moyen-Âge

Alexandre de la Tourette était propriétaire de la maison forte (1) de Montagny au XVIe siècle et il a donné son nom au domaine. On ne connaît pas les origines de cette demeure mais sa raison d’être peut facilement être imaginée : l’insécurité que faisaient régner les « tard-venus, écorcheurs et autres bandouliers » (2) qui pillaient nos campagnes pendant le Moyen Âge.

Notre village a la chance d’être à l’écart des grandes voies d’invasion, mais la richesse de l’abbaye de Savigny a attiré bien des convoitises, les Huns vers 940, les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, les pillards au XIVe siècle entre autres ; pendant les guerres de religions, le sinistre baron des Adrets avait chargé le capitaine Peyraud de saccager l'abbaye et de faire le siège de L’Arbresle. Les documents qui relatent ces événements sont muets sur les sévices et dommages « collatéraux » subis par les villages environnants et pourtant…

Les incidences des guerres « modernes » sur la vie de notre village et de ses habitants sont mieux connues depuis les guerres napoléoniennes à commencer par l’occupation autrichienne en 1815 (voir plus loin). Éveux étant éloigné des théâtres des opérations des conflits de 1870 et 1914-1918, les archives officielles ne mentionnent pas le nom de notre commune, mais la participation de notre village à la première guerre mondiale est attestée par le sang versé par les Éveusiens dont le nom est inscrit sur le monument aux morts ou sur la plaque scellée dans l’église.

(1) Les maisons fortes apparaissent aux XIIe et XIIIe siècles. Elles sont souvent situées aux abords des bourgs, le long des routes principales ou à la frontière d’une grande seigneurie. Elles appartiennent à des cadets ou à des alliés de grandes familles seigneuriales.

(2) Des noms divers ont été donnés aux mercenaires « privés d’emploi » pendant les périodes de paix qui se regroupaient en bandes ou compagnies pour tuer et piller pour leur propre compte.

ÉVEUX SOUS L’OCCUPATION AUTRICHIENNE... EN 1815

Juin 1815 - Waterloo : l'Empire s'écroule. Les armées étrangères déferlent sur le pays. Les Bourbons retrouvent un trône et Paris. Bientôt, Napoléon sera le prisonnier de Sainte-Hélène. Les quatre alliés - Angleterre, Russie, Autriche et Prusse - commencent par exiger une indemnité de 700 millions de francs-or (somme énorme pour l’époque !) et décident l’occupation du territoire français pour une durée initialement fixée à 5 ans (réduite à 3 ans par la suite). Et c'est ainsi que notre paisible village d'Éveux fut occupé par 400 soldats autrichiens à partir de la mi-juillet 1815. Pour une petite localité de 250 habitants environ, 400 occupants, c'était vraiment beaucoup !

Une occupation militaire est toujours une rude épreuve pour les populations placées sous la contrainte des vainqueurs. Disons-le vite : celle de 1815 ne fut pas marquée par les brutalités et les tragédies qu'a connues malheureusement la France 125 ans plus tard... Et ajoutons que cette occupation autrichienne fut courte comme nous le verrons plus loin.

Les soldats autrichiens, les « kaiserlichs » comme on les appelait couramment, c'est-à-dire les Impériaux, on les connaissait déjà ! En 1814, après la défaite de la Campagne de France, les armées alliées avaient envahi une première fois la région et séjourné quelques semaines dans plusieurs bourgades voisines : à L'Arbresle, un grand nombre de soldats furent alors logés chez l'habitant ; on se rappelait surtout qu'ils mangeaient et buvaient beaucoup !

Les Archives départementales possèdent quelques lettres très intéressantes datées de cet été 1815 : une lettre du vicomte de Saint-Trivier, écrite au château de la Tourette, à Éveux, au mois d'août et adressée à M. le comte de Chabrol, préfet du Rhône, pour lui demander un allégement des obligations envers l’occupant.

« J'ai l’honneur de vous exposer que, dans la nécessité où l'on est de tenir tous les jours deux voitures à cheval au parc des Autrichiens à L’Arbresle, vous avez ordonné que chaque commune de ce canton fournirait à son tour les deux voitures. La Commune d'Éveux, où les chevaux ne sont qu'au nombre de quatre, qui est extrêmement foulée par le séjour des 400 Autrichiens et qui est en outre obligée d'envoyer chaque jour quatre ou cinq voitures au magasin de L’Arbresle pour y chercher tout ce qui est nécessaire à ces 400 hommes, demande à être exemptée de cette corvée. Elle sera encore plus foulée (1) que toutes les autres communes du canton, attendu qu'elle est la seule qui loge autant de troupes. »

De St Trivier principal propriétaire de la commune d'Éveux. (2)

Une lettre du maire de L'Arbresle au Préfet se plaignant, au comble de l’irritation, d'avoir reçu des coups de cravache d'un capitaine autrichien.

« ... Un capitaine du Régiment, nommé Siegel, m'a fait appeler et me demande un guide pour Montrottier. Je m'occupe à l’instant de le lui trouver. Cinq minutes après, il se présente de nouveau à moi. Je lui présente le guide. Il m'accable d'injures auxquelles je ne réponds que par le silence et alors cet officier s'est permis de me frapper de coups de cravache en présence d'un grand nombre d'habitants dont j'ai eu peine à contenir l’indignation, fidèle à mon principe de remplir les devoirs que m'impose la place de maire. Je réclame de vous, Monsieur le Comte, que vous vouliez instruire M. le Général en chef de la conduite de cet officier, conduite indigne dans les circonstances où nous sommes. J'en instruis en même temps M. le général de Frimont, je ne puis pas croire que ce général autorise un officier à agir de cette sorte envers des fonctionnaires publics qui sont déjà assez malheureux de passer par les épreuves où ils passent tous les jours. » (3)

Les Autrichiens quittèrent la région dans la première quinzaine de décembre 1815.

Éveux était libéré !

L'occupation avait duré 5 mois et avait coûté au département plus de six millions et demi de francs. Le maire de Lyon, comte de Fargues offrit de la part de la ville pour cinquante mille francs de cadeaux aux officiers supérieurs avant leur départ : on était tellement heureux de les voir s'éloigner avec leurs troupes !

(1)L'adjectif foulé était très utilisé aux XVIIe et XVIIIe siècles dans le sens de : qui souffre par des exactions. (Littré)

(2)Pendant cette période de troubles, M. de Saint-Trivier devait, pratiquement, faire office de maire à Éveux (il sera  nommé maire, officiellement, le 13 septembre), aussi signe-t-il simplement « Principal propriétaire de la commune d'Éveux ».

(3)Le général de Frimont était le commandant en chef de l’armée autrichienne d'Italie et séjournait alors à Lyon.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La guerre 1939-1945 a touché directement le village lors de la bataille dite de L’Arbresle. Les tirailleurs, pour la plupart sénégalais qui ont déployé une défense héroïque à l’avancée de la division SS allemande « Totenkopf » (Tête de mort) ont payé un lourd tribut. Plusieurs d’entre eux ont été tués au combat ou exécutés sur notre sol ainsi qu’un de nos concitoyens Jean-Claude Vially dans sa ferme des Rompières brûlée au cours des combats.

 

 

Les tirailleurs sénégalais

Le souvenir des Tirailleurs Sénégalais est honoré par un monument érigé au bord de la route Napoléon sur un terrain  offert par Jean Vially, les corps ont été regroupés à Chasselay au cimetière militaire dit « Tata Sénégalais ». Le nom de Jean-Claude Vially a rejoint ceux des soldats de 14-18 sur le monument aux morts de la commune.

Il est à remarquer que les dernières troupes qui ont combattu dans notre région en juin 1940 appartenaient au 25e régiment de tirailleurs sénégalais. Après quatre années d'occupation, c'est la 1e division de la France Libre du général de Lattre de Tassigny qui libéra notre territoire et ce sont des soldats du 2e régiment de spahis algériens qui passèrent en tête des troupes alliées dans notre pays arbreslois.

JUIN 1940 (souvenirs d'Henri Viannay)

Cependant, d'alarmantes nouvelles circulaient de jour en jour. Depuis le 17 juin, une odeur de poudre se répandait dans la région. Un contingent de tirailleurs sénégalais s'activait dans L'Arbresle et ses environs, dressant des barrages, préparant des petits fortins aux points stratégiques d'où pouvait déboucher la meute tant redoutée. Celle-ci avait pour mission de rejoindre Lyon. Nos courageux soldats prenaient position aux alentours de la maison Colomb-Vially dans les fermes Vially et Guilloud (lieu des Rompières) et sur les pentes duCornu dans la ferme Valois et ses environs. Certes le choix était judicieux car les premiers SS descendant de Saint-Germain-sur-L'Arbresle ont été cueillis par les rafales de mitrailleuses parfaitement orientées en direction du pont de la Madeleine. Nous n'avons jamais su le nombre de morts dès cette première escarmouche. D'après certains témoignages, l'embranchement des trois routes était obstrué par un enchevêtrement de corps et de machines stoppées sur place. Cette première escarmouche débutait en fin de soirée vers 18 heures.

Sans être dans le secret des archives de l'armée, je ne doute pas que la surprise fut de taille pour les envahisseurs. Néanmoins, la riposte ne se fit pas attendre. Déjà les premiers éclaireurs envahissaient L'Arbresle. Depuis Saint-Germain, les canons grondaient semant une panique générale, chacun cherchant l'abri idéal pour les siens. Beaucoup prenaient la direction de la Tourette alors qu'une partie des tirs lui était destinée. Caves, souterrains ont été les coins providentiels pour ceux, pris dans la tourmente. La famille Plasse, quelques désemparés et moi-même avons trouvé refuge dans une ferme à la limite de Sain-Bel. Nous entendions les coups de canons, mais nous n'étions pas sur la trajectoire. Quelle nuit de cauchemar ! Qu'allions-nous trouver au retour ?

Au lever du jour, le calme paraissant revenu, nous décidons de rejoindre le village, pas très fiers. Rien ne semblait différent de la veille, les murs debout, pas de chambardement, pratiquement peu de dégâts matériels dans la commune. Par contre, un grand désastre, la ferme Vially entièrement détruite par un incendie volontaire du fait que la troupe occupait les lieux. Je me rappelle que les jours précédant la tragédie, nous, jeunes intrus, venions tournoyer dans le sillage de ces beaux noirs qui s'affairaient sur la meule de la ferme aiguisant consciencieusement leur coupe-coupe. Cette image reste indélébile. Actuellement je suis incapable de préciser s'il s'agit du 20 ou 21 juin, néanmoins je prenais le chemin des Rompières pour me rendre sur les lieux de la tragédie.

Ce dont je suis certain, c'est qu'en arrivant dans la cour, j'ai été horrifié par la présence de trois Sénégalais étendus sur le tas de fumier portant chacun latrace d'une balle dans la tête. La ferme avait subi d'énormes dégâts : toitures calcinées , effondrées , particulièrement celle de la grange où l'on peut supposer que quelques soldats avaient trouvé refuge. Le foin se consumait encore. C'est également à cet instant que fut découvert le corps du père Vially gisant derrière sa porte de cave. Il portait également une affreuse blessure à la tête. Probablement, fut-il exécuté comme les Sénégalais. Cependant, comme après chaque catastrophe, la vie reprend son cours. Foins, moissons vont commencer. Beaucoup de bras font défaut, mais l'entraide tentera de compenser le vide. Ceux qui en d'autres lieux pensent à tout ce qu'ils ont laissé, pourront être rassurés. Quel gâchis, néanmoins !


LE MONUMENT AUX MORTS

Ce monument a été érigé pour commémorer le souvenir des enfants d’Éveux tombés héroïquement pendant la première guerre mondiale pour défendre la liberté de la France ; la décision de le construire prise par le Conseil municipal, présidé par M. le comte Pierre de Chabannes a été solennellement approuvée par le président de la République, M. Alexandre Millerand. Pour le financement, une souscription publique a été lancée à laquelle 78 familles ont participé ainsi que le Conseil général et le Syndicat ; une quête a même été organisée à l’occasion de la distribution des prix. Le Conseil municipal a abondé pour le reste, le coût total s’élevant à 3972,5 francs, soit à titre de comparaison environ le même montant en euros d’aujourd’hui. C’est Monsieur Chassaing marbrier à L’Arbresle qui a exécuté la commande et le monument a été posé en 1921 contre le chevet de l’église, sur l’ancien cimetière en bordure du chemin vicinal. Les matériaux utilisés furent la pierre de Quintaine pour le fût et la pierre de Villebois pour le socle.

L’emplacement choisi à l’origine probablement pour sa visibilité s’est avéré de plus en plus inapproprié en raison de l’accroissement de la circulation automobile. Il a fallu repenser d’une manière globale l’organisation des circulations en ce lieu très fréquenté notamment par les scolaires. Ce nouvel emplacement sur le square de l’église a été retenu avec l’accord de tous. Nous pouvons désormais nous recueillir autour du monument en toute sécurité et sérénité. Le déplacement du monument a été mis à profit pour son nettoyage et sa rénovation mais surtout pour y inscrire le nom d’une victime civile de la guerre 39-45, Jean-Claude Vially qui fût fusillé par les Allemands dans sa ferme des Rompières le 20 juin 1940 lors des combats dits de L’Arbresle. À notre connaissance, il n’y eut heureusement pas de victimes militaires d’Éveux pendant ce deuxième conflit mondial.

Extrait de l’allocution prononcée par le maire Gilbert Guenet lors de l’inauguration du nouvel emplacement le 23 février 2008.

Sources: Gilbert Guenet - Robert Ramel - Jean Vially - Henri Viannay - Archives départementales


 

Souvenirs de la vie à Éveux (années 1930, 50)

(D’après les témoignages d’Henri Vianney, Marc Voge, Pierre Vially, Jean Gonin)

Paysans

C’est une vie de paysans essentiellement, qui nous est racontée par les anciens, où même si certains, comme le père Fouillat, vont à pied à 6km, travailler à la mine de pyrite de Saint Pierre La Palud, on cultive son lopin de terre et on conduit les troupeaux aux pâturages parfois en attelage avec un âne, ou à pied. Les cultivateurs, ne disposant pas de grands espaces, tentent d’augmenter leurs maigres revenus en se diversifiant : lait, céréales, vignes, quelques animaux de basse-cour, et souvent un ou deux métiers à tisser.

Enfants de choeur et sonneur de cloche

Les garçons qui sont enfants de chœur, un privilège non accordé au filles, doivent se lever de bonne heure pour assurer le service de la messe du matin ; ils enfilent une soutane rouge ou noire selon la circonstance et dessus un surplis blanc bien entretenu par les dames de la paroisse ; une fois l’office terminé (après avoir parfois goûté un peu de vin de messe), ils se rendent en galoches à l’école privée du village, ou à L’Arbresle pour les garçons de l’âge de raison, c’est-à-dire les plus de sept ans ; ceux là doivent alors remonter à Éveux le temps du repas car il n’y a pas  de cantine ; les filles restent à l’école du village plus longtemps, jusqu’au certificat d’études. Les trois jours de « retraite » pour la communion solennelle sont une belle occasion à onze, douze ans de se retrouver à nouveau entre garçons et filles. Les mariages et enterrements sont des évènements importants qui permettent de se rencontrer, et pour les enfants de recevoir quelques gratifications bienvenues des participants. Chaque année, les trois jours précédant le jeudi de la « Fête Dieu », début Juin, il y a procession du curé et de ses fidèles, entrecoupée d’arrêts et de prières devant des autels provisoires ornés, appelés reposoirs, disposés le long du parcours ; la litanie des saints est psalmodiée en latin pour protéger et améliorer les récoltes et les filles jettent des pétales de fleurs sur le chemin. Puis c’est l’office avant de retourner aux autres occupations. La cérémonie est animée par les chantres (chanteurs des chants religieux), le père Bancillon, garde champêtre, le père Ratton, sonneur de cloche (il sonne l’Angélus matin midi et soir et pour les fêtes car il n’y a pas encore de mécanisme automatique), et d’autres, accompagnés par un harmonium et par les enfants qui apprennent les chants avec leur institutrice. Une place dans la chapelle est réservée à la famille du comte de Chabannes, et certains prie-Dieu (chaise basse pour s’agenouiller et prier) ont une plaque de cuivre gravée au nom de paroissiens.

Le curé

Le terrain attenant à l’ancienne cure (actuellement emplacement de la nouvelle mairie) est le jardin du curé qui l’entretient lui-même pour se nourrir. « Chargé du soin des âmes » (curatus animarum), le curé veille à l’exemplarité de sa paroisse, souvent contrarié par les anticléricaux, et les deux seuls élèves laïcs du village, faisant aussi la chasse aux shorts ou tenues légères des demoiselles. Le dimanche, c’est la messe le matin et vêpres l’après-midi; après la messe les hommes vont au bistrot et les femmes à leurs tâches.

Le café

Le café Mantelin est situé près de la place des Marronniers. Il sera démoli par les bulldozers dans les années 70 pour construire au lieu du café une belle route en ligne droite et favoriser la nouvelle circulation automobile (à présent bien sûr tout est fait pour la ralentir…). En ce temps-là, Marie appelée la Marinette sert des petites bouteilles« le pot », et du tabac  « le paquet de gris » ou des grenadines pour les enfants ; l’on joue aux cartes dans une ambiance chaleureuse. L’on peut aussi se restaurer, et téléphoner : dans la cuisine il y a un rare téléphone à manivelle.

La fontaine et le lavoir

On boit aussi de l’eau, qu’il faut bien aller chercher, avec des seaux, à la fontaine située au centre du village, pour les gens du bourg : le gaspillage n’est pas de mise ! A côté se trouve le lavoir avec un abri, où les femmes, en toute saison,  viennent y rincer leur lessive, chargeant de linge une brouette et apportant une barre de bois et un battoir; elles lavent le linge chez elle, n’ayant pas besoin de beaucoup d’eau, mais pour le rincer, il leur faut de l’eau claire et abondante. Jeté dans l’eau, frotté, battu, tordu, replié plusieurs fois, le linge de toile épaisse est lourd et rend le travail à genoux très fatigant ; mais le lavoir, comme le bistrot l'est pour les hommes, est aussi lieu de rencontre et d’échange pour les femmes.

La batteuse

Dès le début de la guerre, en 39, pour certains il a fallu quitter l’école pour remplacer les hommes mobilisés et faire tourner les exploitations. Labourer avec la charrue tirée par les bœufs, les vaches, ou les rares chevaux ; semer les grains à la main en les éparpillant dans un geste régulier ; il faut déplacer la batteuse d’une ferme à l’autre à l’aide de ces chevaux ; faire tirer la faucheuse par les chevaux aussi pour récolter les céréales (la première faucheuse fait en deux jours ce qui prenait quinze jours à la main) ; les récoltes sont rassemblées à la main pour constituer les meules. Le début du battage reste toujours un évènement : c’est le signal de la mise à l’abri bientôt de la récolte, fruit d’une année de labeur. La batteuse et sa chaudière sont attelées et font une entrée majestueuse ; puis la mise en place dangereuse est faite avec beaucoup de précautions ; la batteuse, avec l’aide de plusieurs hommes, fait le tri entre les grains, qui sont stockés dans les lourds sacs de toile de jute puis portés au grenier, et la paille qui est ficelée par la botteleuse. Jusque dans les années 1980, il y a à Éveux la fête de la batteuse pour marquer cette fin des récoltes. En septembre, les vendanges sont aussi une belle occasion de réunir famille et amis autour d’un savoureux repas bien arrosé et où chanteurs et conteurs exercent leur talent jusque tard dans la nuit.

Le château

« Le château » est l’un des principaux employeurs de la commune : cocher ou chauffeur, femme de chambre, lingère. Le village est impressionné par les chasses à courre qui se déroulent à La Tourette. Le comte autorise de ramasser du bois mort dans le parc, mais pas les bûches ; une ou deux sont parfois glissées sous le chargement avant de passer en courant les portes devant le concierge qui surveille.

Les distractions

Les distractions sont rares. Les habitants de Lyon, réfugiés pendant la guerre à Éveux puis qui y viennent en vacances dans leur chalet ou résidence secondaire, sont peu nombreux et ne se mêlent pas beaucoup aux habitants qui les appellent « les lyonnais ». En dehors du travail, il n’y a guère que le plaisir des promenades, les jeux improvisés entre camarades et le petit tour à l’Arbresle pour acheter des gâteaux.

Les jours heureux

Mais quelque soit le confort apporté par le progrès, rien ne remplace les jours heureux de son enfance ni les souvenirs vécus dans son village.

 

historique des familles de la tourette

Ces anciennes familles qui ont traversé les siècles ont participé à la grande histoire de France et en suivant leur parcours, c’est l’histoire de la noblesse française à travers les âges qui nous est transmise, que cette noblesse ait été acquise par la naissance, les armes, les services rendus, ou l’argent.


  • Famille Claret de Fleurieu

En 1652, Jean Michon, bourgeois de Lyon, mari d’Etiennette Claret, achète la maison forte de La Tourette. Elle avait appartenu au siècle précédent à Messire Alexandre de la Tourette, conseiller du roi Henri II (fils de François 1er) en 1653, et président de la Cour des Monnaies à Paris; ce Messire de La Tourette a donné son nom à ce lieu, dit de Montagny.

Jean Michon

Jean Michon vend le domaine en 1681 à ses deux beaux-frères, Blaise (1614-1688) et Jean Claret (1620-1704) ; leur père Claude Claret (1590-1647) était négociant, fils d’un marchand épinglier (A l’époque les épingles étaient onéreuses et très demandées pour les coiffes comme pour les costumes) et leur mère, Marguerite Millotet, était fille d’un riche marchand bourgeois. Posséder des terres nobiliaires (un domaine) permet aux frères Claret d’acheter les charges pour accéder à la noblesse de robe. Ainsi, de simples négociants en épicerie et marchands bourgeois, les deux frères Claret deviennent échevins (conseillers municipaux) de la ville de Lyon ; puis Jean Claret, époux de Marguerite Vial, obtient une charge de secrétaire du roi à Lyon  (qualifiée à l’époque de « savonnette à vilains », une fonction sans travail effectif, très couteuse, environ 150000 euros actuels, mais très recherchée, qui permettait d’être « lavé de la roture ») et reçoit sa lettre d’anoblissement en 1690. A la mort de son frère, Jean devient seul propriétaire de la Tourette. Jean et Marguerite Claret ont dix enfants.

Jacques Claude Claret de La Tourette

L’un de ces dix enfants, le quatrième, Jacques Claude Claret de la Tourette (1656-1741), dit le « Président de La Tourette », écuyer, lieutenant Criminel (juge des affaires criminelles), conseiller du Roi, ainsi que Président de la Cour des Monnaies en 1706, continue l’ascension familiale ; il épouse une cousine Bonne Michon, petite-fille de Jean Michon et Etiennette Claret et ils ont sept enfants; il achète le château de Bel air à Fleurieux, devient le « seigneur de la Tourette, de Fleurieu, Saint Pierre, Éveux, Bélair, le Colombier, Eyrieu, et autres lieux ». Il investit dans l’immobilier et fait construire des immeubles de rapport (pour plusieurs locataires): l’ensemble des deux immeubles construits pour Les Claret de la Tourette en 1692 au 28, 30 rue de lanterne à Lyon est de nos jours classé monument historique. Amateur d’arts, il fait de son hôtel, 6 rue de Boissac, un centre de la culture lyonnaise, avec les trois pôles d’intérêts privilégiés de l’époque : la peinture, les livres, la monnaie ; il achète un médailler complet (son fils le revendra pour le même prix, l’engouement pour la numismatique étant passé) ; il crée une galerie d’œuvres, et il fait décorer son hôtel de la rue Boissac par le peintre Daniel Sarrabat (premier prix de Rome en 1688 ; on peut voir quelques une de ses fresques à la maison d’Accueil d’Albigny/Saône) ; Jacques Claude constitue aussi une bibliothèque, développée ensuite par son fils, considérée à l’époque comme une des plus belles de Lyon pour le choix des matières représentées, la rareté des éditions et la beauté des reliures. Jacques Claude et Bonne ont six enfants.

Jacques Annibal Claret de Fleurieu et de La Tourette

Leur fils aîné Jean étant devenu jésuite, c’est leur fils cadet, Jacques Annibal Claret de Fleurieu et de La Tourette (1692- 1776), dit le « Président de Fleurieu », qui prend sa succession et est « seigneur baron d'Éveux, seigneur du Colombier, Gerbois, Fleurieu, Bélair, le Sonnay et autres lieux », président de la Cour des Monnaies de 1718 à 1740, lieutenant général de la sénéchaussée, prévôt des marchands, commandant pour le roi de la ville de Lyon (en 1744 il participe à la répression de la révolte des canuts). Il épouse Agathe Gauthier de Dortans, fille du seigneur de Pusignan. Il poursuit les projets culturels de son père et est nommé secrétaire pour les Belles-Lettres à l’Académie de Lyon. C’est lui qui organisa le domaine tel que nous le connaissons aujourd’hui avec son mur de clôture de 4 km. Jacques Annibal est décédé dans son château de la Tourette en 1776 et a été inhumé en l’église d’Éveux, sous une simple dalle. L’épitaphe de marbre blanc du tombeau, descellée et déplacée au château de Laye au début du XXème, a retrouvé sa place initiale en 2008 dans l’église d’Éveux, grâce à un héritier, le comte Christian de Fleurieu. Jacques Annibal et Agathe ont eu neuf enfants dont trois filles et quatre garçons : le troisième garçon est prêtre à L'Arbresle, le plus jeune est amiral, le second botaniste et l'aîné est financier.

Les quatre frères Claret de Fleurieu et de la Tourette :

1)Gaspard Claude

Le troisième fils de Jacques Annibal, Gaspard Claude Claret de Montverdun (1731-1785) est chevalier de Saint Louis, lieutenant général aux Gardes Françaises, gouverneur de l'Arbresle et prêtre du diocèse ; il habite alors le château de la Tourette. Vers 1770, il est au service de Philippe d'Orléans.

Les trois frères de Gaspard Claude sont bien connus à l’époque, le benjamin, Charles-Pierre est un amiral, le cadet Marc Antoine est un savant botaniste et l’aîné Camille Jacques est un financier :

2)Charles Pierre

Des quatre garçons de Jacques Annibal, le plus jeune fils donc est le plus connu : Charles Pierre Claret de Fleurieu (1766-1826). Engagé dans la marine, il expérimente les montres marines avec Ferdinand Berthoud, trace les plans du voyage de l’explorateur La Pérouse pour son voyage autour du monde, devient ministre de la Marine et des Colonies sous Louis XVI. Tout juste nommé Gouverneur du Dauphin, il échappe de peu à la Terreur (il est emprisonné six mois avec sa jeune femme enceinte dont le garçon est mort né à leur libération) ; puis sous Napoléon, il est promu gouverneur des Tuileries et du Louvre, Comte d’Empire. A la demande de l’empereur, il est enterré au Panthéon avec des funérailles nationales. Une péninsule porte son nom en Tasmanie (Australie), baptisée en son honneur par le capitaine Nicolas Baudin. Charles Pierre avait épousé à 54 ans Aglaé Félicité Françoise du Bosquet des Lacs D'Arcambal, élevée avec les princes de la maison d’Orléans, âgée de 16 ans, dont il a eu ensuite deux filles, dont une sera Madame de Saint Ouen. Aux dires de la comtesse de Genlis, il avait aussi aimé la mère et la grand-mère de sa femme, Aglaé à qui il dédicace ces vers dans un livre :

L’ambition ne fait pas la loi.

Que, pour vivre à jamais au Temple de Mémoire

On aille chercher loin la richesse ou la gloire.

J'ai trouvé le bonheur chez moi.

3)Marc Antoine

Le frère de ce célèbre marin, deuxième fils de Jacques Annibal, Marc Antoine Louis de La Tourette (1729-1793), célibataire, longtemps Conseiller à la Cour des Monnaies, préfère se consacrer ensuite uniquement à la botanique et devient secrétaire à l’Académie de Lyon, section des sciences.  Le premier, il étudie les lichens et les espèces d’autres climats, collectionne insectes et minéraux. Il côtoie Voltaire, herborise avec Jean-Jacques Rousseau qui vient parfois à la Tourette, crée avec l’abbé Rozier un jardin botanique et un jardin d’acclimatation à Lyon, et organise un parc botanique à La Tourette avec plus de 3000 espèces.

4)Camille Jacques

Quant au frère aîné, l’héritier de Jacques Annibal, Camille Jacques Annibal Claret de Fleurieu (1727-1796), Seigneur d'Éveux, Baron d'Eyrieux, il est premier président du bureau des finances de Lyon. Il épouse une cousine, Marguerite Camille Marthe Fayard des Avenières, fille de Jean Jacques des Avenières, procureur du roi au bureau des finances. Camille Jacques devient trésorier de la compagnie d’Antoine Michel Perrache qui a pour projet la création d’un nouveau territoire au sud de Lyon, mais le projet gigantesque périclite, la famille de Fleurieu en est ruinée. Camille Jacques vend alors le château de Belair de Fleurieu, acquis par son grand-père. Il a deux enfants. L’aîné, gouverneur d’Eyrieux, ne se marie pas.

Jean Jacques Claret de Fleurieu

Le deuxième fils de ce Camille Jacques, Jean Jacques Claret de Fleurieu (1766-1826), militaire, officier carabinier, époux en 1791 de Aglaë Philippe Calixte Sanson de Sansal (1773-1840) dite « Belle madame de Fleurieu » dont il divorcera en 1806, est lui aussi trésorier général de la compagnie Perrache : criblé de dettes, il se voit contraint de vendre le domaine de La Tourette en1801, ainsi que l’hôtel de Fleurieu rue Boissac à Lyon. La prospérité reviendra avec la vente des terrains de Perrache. Leur unique enfant, Robert Annibal Alphonse (1792-1847), garde du corps de Louis XVIII puis lieutenant de la garde royale, hérite du titre de « comte » par son arrière grand-oncle, le marin Charles Pierre de Fleurieu ; il se mariera avec Claudine Azélie Clapperon de Milieu ; ils habiteront le château de Laye à Saint Georges de Reneins, encore actuelle propriété de la famille, et auront huit enfants.

 

  • Famille Bellet de Tavernost de Saint Trivier

Louis Pierre Bellet de Tavernost de Saint Trivier

En 1801, issu d’une très ancienne famille lyonnaise, Louis Pierre Bellet de Tavernost de Saint Trivier (1760-1851), écuyer et conseiller au parlement de Dijon, vicomte par ordonnance en 1824, est le nouveau propriétaire de La Tourette. Son grand-père, Nicolas Bellet (1662-1730) était président au parlement des Dombes. Il épouse Bonne Marie de Lacroix-Laval, dont le père a été guillotiné en 1793 sur la place des Terreaux; c'est la petite-fille du « seigneur de La Val » à Marcy-Le-Loup(Marcy L’Etoile). L’un des deux frères de Bonne Marie, Jean de Lacroix-Laval(1712-1860), devient maire de Lyon en 1826 et poursuit l’aménagement du sud de Lyon, s’inspirant du projet initial de Michel Antoine Perrache ; ultraroyaliste, il perd son mandat de maire en 1830. Son beau-frère donc, Louis Pierre Bellet de Saint Trivier, propriétaire de La Tourette, maire d’Éveux en 1815, fervent monarchiste aussi, refuse de prêter serment au nouveau « roi des français » Louis-Philippe en 1830 et n'est plus maire d'Éveux.

Antoine Hippolyte de Saint Trivier

Son fils Antoine Hippolyte de Saint Trivier (1798-1867) épouse en 1824 Emma Geneviève Marguerite de Grollier(décédée en 1827) , fille du marquis de Grollier et de Bonne Désirée Choiseul-Praslin ; puis en 1832, il épouse leur autre fille, Caroline Louise Geneviève Ubaldine.

Épouses Grollier-Choiseul

Les ancêtres du marquis de Grollier avaient déjà été seigneurs de Belair à Fleurieu au XV et XVIème siècle. Quant aux Choiseul, c’est une famille très illustre : connue surtout par le Duc Etienne François de Choiseul, ministre de Louis XV, et par son neveu, le duc Gabriel, chevalier de la reine, et pair de France ; et par le neveu de Bonne Désirée Choiseul, Théobald, qui a assassiné sa femme, précipitant sans doute, en raison du scandale provoqué, la fin de la monarchie de Louis Philippe.

Maire d'Éveux

Lié donc par mariage à cette grande famille, Hippolyte est commandeur de l’ordre papal de Saint Grégoire (ordre honorifique du Vatican), administrateur de l’hôpital de l’Antiquaille et des Hospices Civils de Lyon, actionnaire de l’entreprise Pont Morand et des Moulins de Perrache. Il est aussi conseiller à Éveux en 1840 puis deux ans plus tard en devient le maire et ce jusqu’à son décès en 1867, prêtant serment à Louis-Philippe contrairement à son père, puis jurant fidélité à la République, et à Napoléon III. Il participe à la création de l’école privée de Champagnat à l’Arbresle par l’acquisition d’un immeuble qu’il fait aussi réparer.

Grâce aux Saint Trivier, Éveux a pu devenir en 1843 une paroisse, avec une église agrandie, rénovée ; le don d’une maison (à côté de l’actuelle mairie), qui fut la cure pendant plus d’un siècle ; le don d’une rente pour le curé ; le déplacement du cimetière (auparavant autour de l’église) avec don pour moitié du terrain. Depuis, le blason des Saint Trivier est incorporé à un vitrail du XVème dans l’église, « D’azur, à la bande d’or chargé d’un aigle de sable ». 

Hippolyte entreprend aussi la restauration du château de la Tourette qu’il confie à l’architecte Lyonnais Antoine Marie de Chenevard. Sur la façade d’honneur, encore visibles, sont portées les doubles armes des Saint Trivier et des Grollier. Furent construits aussi une petite tour à l’entrée du domaine et un temple d’amour, dont aujourd’hui il ne reste rien.

Hippolyte a deux enfants de sa première femme : l’aîné, Louis Antoine Camille (1825-1897) sera propriétaire de La Tourette, sa soeur Ubaldine (1827-1951) se marie avec un cousin, Rémy, fils du grand-oncle Antoine Boussin de Lacroix –Laval, et décède un an après son mariage, à 23 ans. De sa deuxième femme, Hippolyte a eu deux autres garçons : Emeric et François Samuel, ce dernier se mariant avec sa cousine, la soeur de ce même Rémy Boussin de Lacroix-Laval.

Louis Antoine Camille, fils aîné

L’aîné d’Hippolyte, fils de sa première femme, Louis-Antoine Camille Bellet (1825-1897), vicomte de Tavernost de Saint Trivier, est comme son père commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand mais aussi chevalier de la légion d’honneur et chevalier du Saint Sépulcre ; il est le dernier de cette famille à être propriétaire de La Tourette et dernier tenant du titre de comte.

L’unique fils qu’il a eu avec son épouse, Isabelle Billard de Saint Laumer, meurt à la Tourette à l’âge de trois ans ; leur fille,Francesca Ubaldine prendra le nom marital de Saint Pol. Le majorât (transmission de biens incessibles liés à un titre de noblesse) étant aboli après deux degrés successifs, Louis Antoine Camille, dernier bénéficiaire de ce majorat, ne peut transmettre son titre de comte mais peut désormais vendre le château de la Tourette, ce qu’il fait en 1873.

(A noter : Le château de Tavernost appartient toujours à la famille. Et un descendant de Nicolas Bellet (1662-1730), le baron Jacques Bellet de Tavernost est aujourd’hui le directeur du groupe M6.)


  • Famille de Jerphanion

Jean marie Victor

En 1873, le propriétaire est Jean Marie Victor de Jerphanion (1843-1877). Il ne profite pas bien longtemps de son nouveau domaine puisque quatre ans après l’achat, il décède à l’âge de trente-quatre ans. Marié à Marie Pauline de Barbeyrac (qui se remarie ensuite avec Raoul de Fontanges), Jean Marie Victor n’a pas eu d’enfants.

Jean Marie Victor était issu d’une très ancienne famille, dont beaucoup étaient officiers du roi.

Famille de Jean Marie Victor :

Antoine de Jerphanion

Cette famille avait acquis sa noblesse par Antoine de Jerphanion (1639-1719), alors avocat et acquéreur de la charge du syndic du Puy en Velay, puis en 1718 de la charge très onéreuse de secrétaire du roi en la chancellerie de Paris, charge qui permettait d’accéder à la noblesse et  à ses privilèges.

Jean de Jerphanion

Fils et héritier d'Antoine de Jerphanion, Jean de Jerphanion (1680-1747)est marié avec Anne de Cambacérès (1688-1765 ; famille de Montpellier dont un petit-neveu, Jean Jacques Régis de Cambacérès, archichancelier, sera un célèbre prince d’empire) ; l’hôtel particulier qu’ils ont aménagé au Puy en Velay existe toujours et porte leur nom, maintenant classé monument historique.

Gabriel Joseph de Jerpahnion

Un de leurs petits-fils, Gabriel Joseph de Jerphanion, (1758-1832), qui sera le grand-père de Jean Marie Victor propriétaire de la Tourette, est marié à Marie Catherine Sophie Giraud de Lachau; il est préfet de la Lozère puis préfet de la Haute-Marne ; il est nommé chevalier d’Empire puis Baron d’Empire, confirmé pour « toute sa descendance mâle » par Louis XVIII en 1816. Gabriel Joseph vend ensuite tous ses biens et quitte la région de la Haute-Loire pour s’établir à Lyon où habite sa fille cadette. Gabriel Joseph et sa femme ont eu cinq enfants.

Le fils aîné des cinq enfants de Gabriel Joseph, Jean Joseph Marie Eugène, sera archevêque d’Albi pendant vingt-deux ans.

André Marie Jules de Jerphanion

Le benjamin des enfants de Gabriel Joseph, André Marie Jules de Jerphanion (1807-1894), père de Jean Marie Victor, est officier d’instruction. Il sera toujours fidèle à la monarchie, préférant soutenir le Comte de Chambord et la monarchie ultra-royaliste plutôt que servir le gouvernement de Louis-Philippe; il s’investit dans la société catholique lyonnaise et reste maire pendant vingt-quatre ans de Larajasse, où il possède le château de Lafay, par sa femme Gabrièle Louise de Cholier de Cibeins. Ils ont sept enfants.

Jean Marie Victor, zouave pontifical

Leur cinquième enfant est Jean Marie Victor (1843-1877), propriétaire de La Tourette. Il aura eu le temps comme ses deux frères d’être zouave pontifical, faisant partie du régiment créé en 1860, constitué de volontaires catholiques de tous pays pour défendre l’état pontifical. Considérée comme une nouvelle croisade, les jeunes nobles catholiques français sont séduits par l’appel à défendre la capitale romaine et l’autorité du pape contre le révolutionnaire Garibaldi et le roi anticlérical Victor-Emmanuel II. Les nobles ou grands bourgeois engagés étaient autant religieux que royalistes convaincus. Après la bataille de Castelfidardo, consultant la liste des morts et blessés, un général aurait dit : "L'on dirait une liste d'invités à un bal de Louis XIV ! » L’uniforme, inspiré des zouaves d’Afrique, avec culottes bouffantes, conçu pour la chaleur, présentait aussi l’attrait de la mystique orientale de l’époque, un cardinal commente: « c'est bien une idée de Français d'habiller en musulmans les soldats du pape ». Tous les zouaves pontificaux n’ont pas combattu, cela dépend de la date et la durée de leur engagement (de six mois à quatre ans et le plus grand nombre s’étant engagé vers 1867); sur place certains n’ont que gardé les frontières et chassé les brigands. En 1870, à la déclaration de guerre de la France contre la Prusse, Rome, affaiblie par le départ des troupes françaises, capitule et est rattachée à l’Italie, le régiment des zouaves est licencié, le pape Pie IX de sa fenêtre du Vatican les bénit en pleurant ; les français rapatriés forment alors un corps d’armée, « Volontaires de l’Ouest » contre les Prussiens sous la direction du général Charrette (batailles d’Orléans, Loigny, Auvours, sous la bannière blanche « Cœur de jésus, sauvez la France ») ; ce corps d’armée à la tendance royaliste est dissous, à la fin de la guerre franco-allemande, en 1871, le 13 Août (date anniversaire de l’emprisonnement de Louis XVI et la famille royale à la maison du Temple !).

Les autres branches de la famille

A noter : Le frère aîné de Jean Marie Victor, Gabriel Marie Alban de Jerphanion (1835-1870), zouave pontifical, médaillé de Mentana(1867), épouse Marie Gabrièle Philippe de Sagnard de Sasselange (de la famille de Lafressange originaire du Velay en Haute-Loire) et par elle, reçoit le château de Veauchette dans la Loire; un de leurs enfants, Gabriel Adolphe Marie Jean (1869-1943) sera maire de cette commune pendant quarante six ans.

Un autre frère de Jean Marie Victor, Louis Marie Frank, se marie avec Claire de Lyle-Taulane, formant ainsi une nouvelle branche dans le Var, en Provence.

A noter aussi qu’une branche des Jerphanion a des ramifications aux Pays-Bas, François Etienne Jerphanion en 1769, ayant épousé une Néerlandaise.

Les Jerphanion de Jules Romains

Quant aux fameux personnages des Jerphanion dans l’œuvre de l’écrivain Jules Romains, « Les hommes de bonne volonté », il n’y aurait pas de lien officiel avec la famille de Jean Marie Victor, si ce n’est sans doute l’origine commune de la Haute-Loire. A l’époque, raconte un descendant, cette utilisation de leur patronyme avait été perçue comme déshonorante et la famille espérait que le roman soit vite oublié ! Mais nul besoin, « le temps passe. Et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface. », écrivait Jules Romains dans ce même livre.

 

  • Famille de Chabannes de Vergers

Adolphe Murard de Saint Romain

En 1883, le comte Adolphe Murard de Saint Romain achète le château de la Tourette pour sa fille Marie Louise Marguerite Gabrielle, en dot de son mariage en 1885 avec Henri Paul Marie de Chabannes de Vergers. C’est l’architecte Louis Antoine Marie Bresson, ancien élève de l’architecte Chenavard,  qui est chargé de la restauration du château de la Tourette, il avait déjà construit l’hôtel particulier de la famille au 29, 30 place Bellecour à Lyon.

Guillaume de Matha et Amélie de Chabannais

La famille de Chabannes est une ancienne famille du Bourbonnais qui a fourni de nombreux capitaines d’armées. Le patronyme naît au XIIème siècle suite au mariage de Guillaume Montbéron de Matha (1090-1136). Sa grand-mère Actilde Matha était fille d’Audouin II Taillefer, comte d’Angoulême. Guillaume se marie avec Amélie de Chabannais, dame de Confolens, en Charente.

Jourdain VII et son frère Eschivat de Chabannes

Le fils aîné de Guillaume et Amélie, Jourdain VII, garde le titre de seigneur de Chabannais,  faisant suite à une longue série de Jourdain Chabannais dont le premier, vers 986, avait fondé l’abbaye de Lesterps et Jourdain IV le prieuré de La Péruse. Tandis que l’un des fils cadet de Guillaume, marié à Matabrune Ventadour, va porter le nom d’Eschivat de Chabannes (1175-1223), seigneur de Charlus (en Corrèze).

Robert de Chabannes

Descendant de cette lignée d’Eschivat de Chabannes, on peut citer Robert de Chabannes (1370-1415), chevalier, chambellan de Jean 1er duc de Bourbon, marié en l’an 1390 à Hélis (Alix) de Bort, dame de Pierrefite ; il est mort pendant la guerre de cent ans, en 1415, à la fameuse bataille d’Azincourt, bataille gagnée par le roi Henri V d’Angleterre, désastre français qui amorça le déclin de l’ère de la chevalerie.

Les trois garçons de Robert de Chabannes :

Il a eu huit enfants dont trois garçons : Hugues II, Jacques 1er et Antoine.

1)Jacques 1er de Chabannes

Le second fils du chevalier Robert, Jacques 1er de Chabannes (1395-1453), marié à Anne de Lavieu, dame de Feugerolles, est un des compagnons d’armes de Jeanne D’Arc dans le combat contre les Anglais ; Il achète pour 6000 écus le château de La Palice au duc de Bourbon ; devient seigneur de La Palice, Charlus, Montaigu-Le-Blin, Châtelperron, Madic et Curton. Il est nommé sénéchal de Toulouse puis Grand Maître de France. Il est blessé en Juillet 1453 à la bataille de Castillon, victoire décisive pour les français grâce à leur artillerie (dirigée par les frères Bureau), bataille qui marque la fin de la guerre de cent ans et de la féodalité ; il meurt en octobre de la même année au château de Curton.

2)Antoine de Chabannes

Le benjamin du chevalier Robert , donc frère cadet de Jacques 1er , Antoine de Chabannes (1408-1488), orphelin de leur père à 7 ans, participe à sa première bataille à 17 ans à Cravant en 1423, une autre défaite contre les anglais.3) Son frère aîné Hugues II y trouve la mort ;

Antoine et Charles VII

Antoine est lui aussi compagnon d’armes de Jeanne d’Arc au siège d’Orléans et autres batailles, puis vit de pillages en tant que capitaine des Ecorcheurs (bande de soldats mercenaires sans foi ni loi). En 1439, il devient comte de Dammartin et acquiert une respectabilité de seigneur et le contrôle de la plaine céréalière de Gonesse en se mariant avec Marguerite de Nanteuil, orpheline désargentée mais héritière du domaine; il se met alors au service du roi Charles VII, qui lui donne la charge de grand maître de France.

Antoine et Jacques Coeur

Antoine récupère le fief de la Puysaie et de Saint Fargeau de Jacques Cœur. Celui-ci, très riche négociant et grand argentier de Charles VII, se voit dépossédé de tous ses biens au cours d’un procès où Antoine de Chabannes est à la fois juge et partie . Jacques Cœur avait été accusé, certainement à tort, d’avoir empoisonné son amie et protectrice Agnès Sorel, dame de Beauté/Marne, maîtresse du roi Charles VII, Jacques Coeur fût condamné pour lèse-majesté.

Antoine et Louis XI

Fidèle à Charles VII, Antoine dénonce le complot de son compagnon d’armes, le fils du roi, le dauphin Louis XI; celui-ci, devenu roi à son tour, l’accuse alors de lèse-majesté et l’emprisonne à la Bastille, prêt à « faire manger le cœur de son ventre à ses chiens » ; Antoine s’échappe, rejoint les Ligueurs hostiles à Louis XI, et reprend par la force le château de Saint Fargeau à Geoffrey, fils héritier de Jacques Cœur, qu’il fait prisonnier; puis Louis XI signe un traité de paix avec les Ligueurs, et préférant ne pas l’avoir pour ennemi, nomme Antoine grand maître de France, l’appelant même son « cousin »car lui écrit il « J’ai plus de fiance en vous qu’en tous les hommes du monde » ; ensuite à nouveau il le disgracie ;

Antoine et Charles VIII

mais avec l’arrivée de Charles VIII au pouvoir, Antoine est nommé par la régente Anne de Beaujeu en 1485 gouverneur de Paris et ce jusqu’à sa mort en 1488. Le gisant d’Antoine de Chabannes est exposé dans l’église de Dammartin.

La descendance d'Antoine

Son fils Jean, héritier du château, à la suite d’un nouveau procès, dédommagera par une somme d’argent et une rente, Isabelle Bureau et ses enfants, veuve de Geoffrey Cœur (fils de Jacques Coeur et mort la même année qu’Antoine en 1488).

Ce fils d'Antoine, Jean de Chabannes n’a pas eu de descendance mâle. Sa fille Antoinette s’est mariée à René d’Anjou (le grand-oncle de celui-ci étant le « bon roi René ») , ils ont un fils : Nicolas D’Anjou marquis de Mézières, père de Renée d’Anjou. Renée sera mariée à François de Bourbon-Montpensier ; c’est elle qui aurait inspiré l'histoire de « La princesse de Montpensier » racontée par Mme de Lafayette et réalisée en film par Bertrand Tavernier.

Les fils de Jacques 1er de Chabannes : Geoffroy et Gilbert

Le frère d’Antoine, Jacques 1er de Chabannes, précité, a eu trois enfants dont deux fils, l’un Geoffroy (1435-1500) et l’autre Gilbert (1439-1493). Jacques 1er est le grand-père du célèbre Jacques II de La Palice, fils de Geoffroy, et est le grand-père aussi de Jean, fils de Gilbert (dont un descendant sera propriétaire de la Tourette).

Jacques II de La Palisse, fils de Geoffroy

Avec Charles VIII et Louis XII

Geoffroy, Le fils aîné de Jacques 1er, a un fils :Jacques II de Chabannes dit Jacques de La Palice (ou de La Palisse), né en 1470 au château de Lapalisse ; celui-ci entre au service du jeune Charles VIII à quinze ans. Sa première bataille a lieu à Saint Aubin du Cormier, considérée comme marquant la perte d’indépendance de la Bretagne. Il s’illustre ensuite dans toutes les batailles d’Italie de Charles VIII (mort après avoir heurté un linteau de pierre), puis de Louis XII, pour la conquête du royaume de Naples, estimé devoir revenir à la France par héritage.

Après le traité de Dijon en  1513 qui signe la défaite française et la fin de la conquête de l’Italie par Louis II, Jacques II se retire dans son château de La Palice et épouse dans un second mariage Marie de Melun, dame de Montmirail, sa précédente épouse, Jeanne de Montbéron, fille du baron de Matha, étant décédée en 1504.

Avec François 1er, PAVIE

A la mort de Louis XII, le neveu du roi, François 1er lui succède sur le trône et nomme Jacques II de La Palice maréchal de France. La guerre reprend dès 1515 pour conquérir le duché de Milan. Et c’est la fameuse bataille de Marignan : 16000 morts en seize heures de combat et la gloire du roi de France que sa mère rêvait en « César triomphant », qui marque le début de la période de la Renaissance.

En 1523 Jacques II est nommé gouverneur du Lyonnais auquel est joint la Dombes. En 1524 il se bat en Provence contre le connétable de Bourbon, traître au royaume de France. Puis François 1er repart en Italie en 1524 reprendre une deuxième fois Milan perdue en 1521, et malgré l’avis de ses conseillers, il décide de faire le siège de Pavie(1525), capitale des Lombards, ce qui sera une grande défaite : entêté, le roi a fait a fait charger la cavalerie et comme à Azincourt les cavaliers s’embourbent. François 1er y est fait prisonnier et sera libéré contre rançon, d’où ce mot à la régente sa mère Louise de Savoie : « De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve ».

Par contre, comme d’autres capitaines, Jacques II de Chabannes de la Palice y a trouvé la mort : deux soldats se le disputant pour obtenir une rançon, l’un aurait dit « je ne le cède à nul autre », ce qui deviendra la devise inscrite à l’entrée du château, tandis que le second aurait répliqué « eh bien il ne sera ni pour toi ni pour moi » et tue d’un coup d’arquebuse le prisonnier Jacques II.

Jacques n'a eu qu'un garçon qui meurt en 1552, et une unique petite-fille, la maison de La Palice sera dès lors transmise au petit-neveu Joachim. Le château de la Palice appartient toujours à cette famille et est de nos jours ouvert à la visite. Les gisants en marbre blanc d’Italie de Jacques II et de Marie de Melun, sa seconde femme, sont exposés dans la chapelle.

Le quatrain de La Palice et les Lapalissades

Un quatrain écrit en l’honneur du maréchal par ses soldats se terminait par « Hélas, La Palice est mort, est mort devant Pavie. Hélas, s'il n'était pas mort, il ferait encore envie », ce qui fut transcrit plus tard (à cause du f qui pouvait se lire s) : « il serait encore en vie ». L'effet comique lié à cette évidence, ainsi que sans doute les mots Palice et Pavie, donnèrent à Bernard de La Monnoye, au XVIIIe siècle, l'idée d’une chanson devenue alors très célèbre. C’est ainsi que l’expression « une lapalissade » est passée dans notre vocabulaire et que Jacques II de la Palice est désormais plus connu pour une soi disant naïveté que pour sa bravoure.

Gilbert de Chabannes

Le frère de Geoffroy et donc oncle de ce Jacques II, Gilbert de Chabannes (1439-1493), est grand sénéchal de Guyenne(sud-ouest de la France) et gouverneur du Limousin, marié à Françoise de la Tour de la Roche, dont il a un fils Jean, puis marié à Catherine de Bourbon dont il n’aura pas d’enfants; par ce fils, il va donner plusieurs branches familiales dont celle des seigneurs de Curton.

Le château de Madic

Il restaure le château de Madic (Cantal) entièrement reconstruit entre 1469 et 1480. C'était non seulement un ouvrage militaire formidable qui comportait encore sous Henri IV seize pièces d'artillerie et 300 hommes. Mais c'était aussi une construction magnifique, couvert de tuiles émaillées de couleurs disposées de façon à figurer les armoiries de Chabannes: "De gueule au lion d'hermine, lampassé, armé et couronné d'or." Un inventaire en 1493 montre un intérieur fastueux pour le moindre accessoire ("une salière à piliers, couverte, avec une petite bannière au-dessus, aux armes de feu Monseigneur et de ladite Dame, qui pèse un marc et quinze deniers "). Les tapisseries millefleurs venaient d'Aubusson. Une grande partie de la magnifique orfèvrerie et des émaux venaient sans doute des ateliers des deux abbayes de Limoges établis par Saint Eloi, monétaire de Dagobert.
Remarque : Henri II de Chabannes,héritier né en 1653, descendant au 5ème degré de Gilbert, bien que marquis de Curton et cousin du roi, (Louis XIV lui aurait même donné 40000 écus), est mort criblé de dettes dans une chambre garnie à Paris en 1714. Un inventaire de Madic en 1780, et ce bien avant la révolution, indique: "Les couverts sont percés en plusieurs endroits, les charpentes sont pourries, les planchers en partie abattus et les escaliers ouverts à plusieurs endroits." C'est pourquoi les enfants d’Henri, Jean-Baptiste, puis Jacques-Charles de Chabannes, décident de liquider tous leurs domaines sauf Madic, pour investir à Saint Domingues en 1763 où ils achètent l'important domaine de Léogane. On trouve ainsi le patronyme de Chabannes en Haïti.

Jean de Chabannes

Le fils de Gilbert donc, Jean de Chabannes (1470-1539) est seigneur de saignes, baron de Curton. Il participe en 1509 à la bataille d’Italie et perd, dans le milanais, son cousin Jean dit Petit Lion, aux côtés du fameux chevalier Bayard, et peu après, lors de la bataille de Pavie en 1525, il perd son fils cadet François, ainsi que son cousin Jacques II de La Palice, et son beau-frère Blanquefort ; lui-même y est fait prisonnier.

Joachim de Chabannes et ses quatre femmes

Le fils aîné de Jean et donc petit-fils de Gilbert, Joachim de Chabannes (1502-1559), baron de Curton, seigneur de Saignes, de Charlus, comte de Rochefort (1556), vicomte de la Roche-Marchalam et de Savigny, propriétaire de Madic, est aussi gentilhomme de la chambre d'Henri II, chevalier d'honneur de Catherine de Médicis, puis nommé sénéchal de Toulouse et d'Albigeois (1552). Il hérite du domaine de Madic de son frère aîné, François, mort à Pavie, et de la maison La Palice à l’extinction de la postérité de son grand-oncle Jacques II de la Palice.

Il épouse quatre femmes :

Péronnelle de Levis, fille du comte de Ventadour, dont il a une fille unique ;

Louise Hélie de Pompadour (le marquisat de cette famille "éteinte" sera donné par Louis XV à sa maîtresse, sans lien de sang avec les Hélie de Pompadour),dont il a un garçon et trois filles mais le garçon Jean meurt à la bataille de Renty en 1554(avec Henri II contre les espagnols et autrichiens de Charles Quint à la frontière des Pays-Bas), sans laisser d’enfants ;

Catherine de la Rochefoucauld dont un garçon et trois filles ; le garçon François se marie à Renée du Prat, petite fille du chancelier Antoine du Prat, et ils feront la branche Curton -La Palice, puisque Jean, l'aîné et fils de la précédente épouse meurt sans descendant;

Charlotte de Vienne dite madame de Curton, avec il a trois filles et un garçon, François dit le jeune qui fera la souche de Vergers ; leur mère, Charlotte, est gouverneur des enfants de France, ayant élevé les enfants du roi Henri II dont Marguerite de Valois (Au XIXe siècle, la vie de Marguerite a donné naissance au mythe de la Reine Margot, d'après le surnom que lui a donné Alexandre Dumas dans son roman). Joachim a eu ainsi quatorze enfants.

François de Chabannes de Vergers

Le fils aîné des enfants de Joachim et de sa dernière épouse, Charlotte, s’appelle donc François de Chabannes dit  François le jeune, comte de Saignes, seigneur de Boislamy, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. C’est lui qui initie la branche Chabannes de Vergers en se mariant en  1602 avec Valentine d’Armes, dame du Vergers, petite fille de Jean D’Armes, président au parlement de Paris ; il habite avec elle pendant 35 ans le château de Trucy-l’Orgueilleux en Bourgogne, domaine que s’était aussi approprié Antoine de Chabannes après le procès de Jacques Cœur.

Puis les générations de Chabannes se succèdent avec divers titres et hautes fonctions : Jacques ; François ; Hubert ; Paul, seigneur du Puy ;  Claude François ; Henri ; Louis Henri Victor.

Gaston de Chabannes de Vergers

Puis Gaston, marié à une cousine, Blanche de Saint Phalle. Ce seront les parents de Henri Paul Marie (1859-1930), comte Chabannes de vergers, propriétaire du château de La Tourette à Éveux.

Henri Paul Marie de Chabannes de Vergers

Le château d'Eschamps

Ce dernier, Henri Paul Marie(1859-1930), est né dans le canton de Saulieu en Bourgogne, au château d’Eschamps, vaste maison que son grand-père Louis Henri Victor avait faite construire et que le fils de celui-ci, Gaston, a abandonnée pour se fixer dans la Nièvre ; fils de Gaston, Henri Paul Marie a hérité de la demeure de sa naissance en 1905 et l’a vendue vers 1908 à la famille Malterre qui a démoli le château en 1921(les quatre colonnes du balcon ont été achetées pour le monument aux morts d’Alligny en Morvan).

Maire d'Éveux

Le comte Henri Paul Marie se marie en 1885 avec Marie Louise Marguerite Gabrielle de Murard de Saint Romain et emménage avec elle à la Tourette. Conseiller municipal à partir de 1888 puis maire d’Éveux jusqu’en 1930, aidant à l’enseignement primaire du village, il est aussi un des fondateurs de l’hôpital Saint Joseph ; responsable de l’hôpital militaire pendant la guerre de 14-18 ; un des premiers administrateurs des facultés catholiques de Lyon ; membre de l’Académie de Lyon. Il fut le porte-drapeau des royalistes à Lyon ; du pape Léon XIII il a reçu la croix de Saint Grégoire le Grand.

Leurs cinq enfants

Le comte  et la comtesse, dame de la Tourette, ont cinq enfants :

1)le premier Victor Marie est mort peu après la naissance

et 2)la troisième Marie Blanche Antoinette (1890-1912), célibataire, meurt à 22 ans, inhumée à Éveux.

3)Leur deuxième fille, Germaine Marie Philomène (1892-1960) se marie avec le marquis Joseph de Certaines qui fut Croix de guerre. Ils ont eu six enfants.
Edme de Certaines (un des fils), marié lui-même à Brigitte Dillon, une descendante de Chabannes de la Palice, a écrit un résumé paru en 1986, de 230 pages sur l’histoire de la famille « Les Chabannes, mille ans d’histoire, 980-1980 ».

4)La benjamine des cinq enfants du comte Henri, Catherine Louise Marie de Chabannes (1895-1981), se marie avec le vicomte Gonzague de Roquefeuil, Croix de guerre, (dont la famille anime une association familiale très active avec actuellement site internet).

Catherine de Chabannes et son mari Gonzague de Roquefeuil deviendront propriétaires du domaine de Magneux-Haute-Rive (42). En effet, la tante de Catherine, Blanche de Murard de Saint Romain, s’était mariée avec Albert de Monteynard, une des cinquante plus anciennes familles de France, et ils habitaient le château de Magneux construit en 1707par un ancêtre de Monteynard. A la mort de Blanche et Albert de Monteynard, c’est Catherine de Chabannes et son mari Gonzague qui deviennent propriétaires du domaine.

Ils ont huit enfants, dont seul l’aîné est né à La Tourette ; l’une des filles, Marie de Roquefeuil, se marie à Eynard de Monteynard .
Leur fils, Olivier de Monteynard, aujourd’hui exploitant agricole, organise de nos jours, avec sa femme Laurence, réceptions et séminaires pour entretenir le domaine familial de Magneux.

Joseph Marie Pierre

5) Des cinq enfants du comte Henri, le seul fils, Joseph Marie Pierre de Chabannes (1887-1937), fait une carrière militaire et est officier de la légion d’honneur, Croix de guerre 14-18 ; il est aussi conseiller municipal élu à Éveux en 1912,1919 et 1925. Il est marié à Marie Louise Etiennette Anne de Villoutreys de Brignac.

Ils ont eu trois enfants mais eux aussi malheureusement, comme le comte Henri, ont un premier garçon, Pierre Marie, mort peu après la naissance, et un autre, Jean, mort en 1936, à 22 ans, au même âge que sa tante Marie Blanche Antoinette ; le comte Joseph Marie Pierre meurt quelques mois après son fils Jean.

La comtesse de Villiers

Le troisième et dernier enfant de Joseph Marie Pierre est une fille, Anne Marie Louise Henriette (1916-1988) ; elle aura cinq enfants avec le comte Jean François Le Jolis de Villiers de Saintignon (1910-1991. C'est l’oncle de Philippe de Villiers, eurodéputé et président du conseil général de Vendée de 1988 à 2010).

Les Franciscains réfugiés de Metz

Cette dernière fille du comte Pierre de Chabannes, comtesse de Villiers, héritière de La Tourette, héberge dans la propriété, devenue inoccupée, des Franciscains réfugiés de Metz de 1941 à 1945 ; chassés par la gestapo en 1940, ils cherchent à se regrouper dans un seul lieu. La proximité de Lyon pour les études(facultés catholiques et bibliothèques) alliée au calme de la campagne pour fuir la gestapo leur fait choisir La Tourette comme lieu de résidence proposé, qui devient ainsi « maison de théologie » ; ils participent aussi à la vie religieuse pastorale ; ravitaillés par le Secours national de Lyon et par Armand Marquiset (qui créera en 1946 l’association bénévole Les Petits Frères des Pauvres), la trentaine de frères adaptent le château à leurs besoins, transformant le salon en chapelle et les chambres en petits dortoirs. « Toute la vie s'équilibra entre l'étude et la prière dans un climat d'intense solidarité et de joyeuse espérance » témoigne le père Hamman. Cette vie nouvelle, plus pauvre mais plus libre, fraternelle et responsable leur amène une ouverture au monde intense et riche, inédite. Quand ils rentreront à Metz en 1945, auprès de ceux qui étaient restés en Alsace, le contraste avec leur propre évolution les marquera.

L'ordre des Dominicains

Dernière châtelaine à Éveux, la comtesse Anne Marie Louise Le jolis de Villiers, descendante au 15ème degré de Jacques 1er de Chabannes cède alors La Tourette à la société civile immobilière de l’ordre de Saint Dominique en 1943.

De la même famille de Chabannes

A noter que le beau-père du comte Henri Paul Marie, le comte de Murard de Saint Romain (riche actionnaire), en plus du château de la Tourette offert en dote à sa fille Marie Louise Marguerite Gabrielle, avait racheté auparavant en 1860 le château de Brancion (Saône et Loire), pourtant démantelé et en ruines ; il est actuellement la propriété d’un de ses descendants, François de Murard de Saint Romain. C'est une association "la Mémoire Médiévale" qui gère actuellement le site, développe des animations culturelles, assure la restauration et l'ouverture du château au public.

Signalons aussi la fondation Jacqueline de Chabannes : Un proche cousin du comte Henri Paul Marie de Chabannes, Georges de Chabannes, se marie avec Alix Roger de Sivry du château de la Brède, elle est une descendante directe de Denise de Secondat de Montesquieu, fille cadette de Montesquieu.
Montesquieu, l’auteur de « L’Esprit des lois », avait hérité en 1713 de toute la Baronnie familiale, dont le Château de La Brède. Très attaché à celui-ci, il en parle souvent à ses amis dans ses correspondances : « c’est le plus beau lieu que je connaisse. » « (...) vous me parleriez de toute l'Europe, moi je vous parlerais de mon village de La Brède (...) ». La fille cadette, fille préférée de Montesquieu, Denise, vécut au Château de la Brède jusqu’à son mariage à 18 ans, servant de lectrice et de secrétaire à son père. (Elle vivra jusqu’en 1800). Sa descendante directe donc, Jacqueline de Chabannes (1912-2004), fille de Georges de Chabannes et d'Alix, sans héritier, fera don en 1995 de milliers de pages des manuscrits de Montesquieu à la bibliothèque de Bordeaux et à la fin de sa vie, créera une Fondation afin que le château de la Brède soit préservé et serve toujours d’écrin à l’évocation du philosophe.

 

 

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Semaines de l'Environnement

du 04 Mai au 30 Juin 2017

 

Juin

Jeudi 1er : Fraternelle Boule - Challenge de l'Amitié et Coupe de la Municipalité à 9h30 - Stade Bouliste, Place Rouge et salle Le Corbusier

3-4-5 : Carpe Diem et Créa - Exposition d'Origami par Adeline Defournel

Jeudi 08 : Mutuelle Communale - Journée de Permanence à la mairie de Lentilly

Vendredi 09 : Country Club d'Éveux - Assemblée Générale à 19h00 - Salle Le Corbusier

Vendredi 09 : Country Club d'Éveux - Portes Ouvertes à 20h00 - Salle Le Corbusier

Samedi 10 : École l'Eau Vive - Inscriptions des Nouveaux Élèves de 10h à 12h (École, Cantine et TAP)

Samedi 10 : Marché de l'Environnement - Place Sapéon à L'Arbresle

Samedi 10 : MJC Fleurieux-Éveux - Matinée de créations Parents/Enfants à 10h - Local de Fleurieux

Samedi 10 : Planète Culture - Salle Le Corbusier à 18h00

Samedi 10 : Carpe Diem et Créa - Exposition des Oeuvres des élèves de l'école d'Éveux et de la MJC de Fleurieux

Dimanche 11 : 1er Tour des Élections Législatives - Bureau de Vote ouvert de 08h à 18h

Jeudi 15 : Conseil Municipal à 20h30 - Salle du Conseil

Samedi 17 : A.P.E - Kermesse des enfants de l'école l'Eau Vive à 11h00 - local de l'École

Samedi 17 : MJC Fleurieux-Éveux - Fête de la Tonne à 12h00 - local de Fleurieux

Dimanche 18 : 2e Tour Élections Législatives - Bureau de Vote ouvert de 08h à 18h

Mercredi 21 : C'EST L'ÉTÉ !

Vendredi 23 : Comité des Fêtes - Fête de la Musique à partir de 19h - Parvis de la mairie

Dimanche 25 : Fête des Classes en 7 à partir de 09h - Vin d'honneur à 12h (Parking Médiathèque)

27-28 : Don du Sang - Salle des Fêtes Claude Terrasse à L'Arbresle





 


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